Travelling Express (2017) - Mathieu Bonfils
  
Travelling Express (2017)
Le train. De nombreux déplacements m’ont amené à emprunter ce transport populaire. Spectateur immobile en mouvement constant, j’ai profité de cette parenthèse solitaire qu’est parfois le voyage pour m’inventer des histoires. Comme au cinéma, comme le protagoniste d’un film. Toujours en regard sur l'extérieur et sans contrôle sur ce défilement alternant paysages variés et tableaux urbains, j’attends une lumière, une ligne, une histoire prête à être inventée. Le trajet est la durée d’un rêve, un long plan-séquence dans une introspection. À l'heure où les écrans comblent nos ennuis, où chaque minute est utilisée pour travailler, où l'on est constamment connectés et joignables, où l'on se referme sur un objet pour ne pas voir passer le temps, il est bon de savoir s’évader un instant par cette lucarne réfléchissante qui nous amène ailleurs, vers un imaginaire.

« À plus d’un égard, le train et le cinéma sont des appareils apparentés. En premier lieu, leur rythme est ajusté : le mouvement des bielles et le battement alternatif des roues suggèrent le défilement des photogrammes, voire le montage. En deuxième lieu, leur système optique est apparenté : les fenêtres du train cadrent un paysage qui défile, tout comme la caméra découpe une vue. (…) En troisième lieu, leur motricité est assimilable : le train et le cinéma sont des machines à arpenter l’espace et à renouveler notre vue. »

FRANÇOIS BOVIER
Du pont tournant à la vue panoramique
Revue Décadrages, dossier Train et Cinéma, 2005.
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